mercredi 7 août 2019

LA GUERRE ECONOMIQUE : Maurice Simo Djom a une autre compréhension du concept



La guerre économique. C’est le titre, un peu énigmatique, d’un livre paru aux éditions Afrédit à Yaoundé, la capitale du Cameroun, en milieu d’année 2019. Son auteur est le chercheur en géoéconomie Maurice Simo Djom. Dans cet ouvrage, le Camerounais prétend dire, « avec autorité », ce qu'est la guerre économique, un concept qui fait débat.

Pour caractériser cette « réalité », l’auteur s’est notamment appuyé sur les faits observés depuis son poste de chef de département de la communication institutionnelle et veille stratégique d’Afriland First Group, la structure de tête du groupe bancaire Afriland First Bank. Un poste qu’il occupe depuis décembre 2014.

Acteurs, stratégies, armes… Maurice Simo Djom, qui a commencé sa carrière professionnelle comme journaliste, livre les principales conclusions de son travail de recherche.
Il est arrivé à se départir de l’intuition de ces prédécesseurs qui n’était d’autre que de lier la guerre économique à la guerre conventionnelle, les uns allant même jusqu’à utiliser les grilles de la stratégie militaire pour étudier la guerre économique ; et a observé attentivement les interactions de la mondialisation afin d’aboutir à la conclusion que la guerre économique est une réalité à part entière, qu’il faut scruter sans œillères.

Partant de cet d’exemple, il montre la différence entre la guerre économique et la concurrence commerciale : « Quand General Motors est opposée à Ford sur le marché américain, c’est la concurrence commerciale. Or, dès que General Motors fait face à Toyota, nous montons du champ domestique vers le champ des relations internationales, cela devient la guerre économique. Car la puissance publique américaine peut valablement user de ses prérogatives pour modifier la configuration de la compétition en faveur de General Motors. Voilà pour ce qui est de la différence entre la concurrence commerciale et la guerre économique ».

Quant à savoir si la guerre économique est la dimension économique de la guerre, il soutient le contraire. Certes toutes les guerres ont une dimension économique, mais toutes les guerres ne sont pas menées avec les mêmes armes. Si les hostilités se déroulent sur le champ militaire, nous avons à faire à la guerre conventionnelle. Mais si les hostilités se déroulent sur des échiquiers non militaires, alors il s’agit de la guerre économique. L’adjectif économique ne renvoie pas seulement au secteur économique, mais davantage à tout ce qui est non-militaire. La guerre économique, c’est l’effort subtil visant à dissimuler la violence sur les échiquiers non militaires. Sont concernés : le cyberespace, la fiscalité internationale, les ressources de base, la finance libérale, l’investissement, la monnaie, etc.

En parlant du continent, il poursuit en rappelant que les puissances étrangères emploient divers instruments pour s’affronter en Afrique et pour affronter l’Afrique : les firmes multinationales, les accords de partenariat, les fonds d’investissement, l’aide multilatérale ou bilatérale, la coopération, etc. À ce sujet, l’ouvrage WAR BY OTHER MEANS de deux auteurs américains (Robert Blackwill et Jennifer Harris) a identifié sept armes de guerre économique. Quant à lui, il a surtout insisté sur le fait que les adversaires de l’Afrique s’arrangent en amont pour supprimer la possibilité pour l’Afrique de se défendre. Ils façonnent des normes et des conditions d’interaction qui laissent l’Afrique dans l’impuissance.
L’Afrique a une vision romantique des relations internationales. Un dirigeant qui manque de culture stratégique et qui agit par à-coups a besoin de se mettre à l’école de la guerre économique pour comprendre comme ça marche. La guerre économique, c’est un concept qui nous renseigne que la mondialisation est sortie de la crispation idéologique pour entrer dans une ère nouvelle. L’État qui ne comprendra pas les règles de cette ère nouvelle sera dévoré, tout simplement.




                                                Maurice Simo Djom


dimanche 4 août 2019

L’ACTIONNARIAT POPULAIRE



Considérons cette partie ; « « Oser inventer l’avenir » ! C’est le challenge que se sont donné des jeunes Burkinabè afin d’investir dans l’économie nationale. C’est également le nom d’un recueil de discours de Thomas Sankara, préparé par David Gakunzi. Comme le dit un adage populaire au Burkina Faso, « une seule main ne peut ramasser toute la farine ». C’est tout cet état d’esprit qui a conduit des jeunes à la création d’une organisation commune dénommée « SCOOP-CA ». La Société coopérative avec Conseil d’administration/Bâtir l’avenir (SCOOP-CA/BA) fait dans la promotion de l’actionnariat populaire. Ses activités ont été lancées ce samedi 3 août 2019 à Ouagadougou…En fait, la coopérative fait suite au projet SOFATO (Société Faso Tomate) lancé en avril dernier par l’Amicale des jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina Faso (AJCEB). L’objectif visé était de faire de chaque Burkinabè un acteur de développement. Il s’agit, selon Aziz Nignan, d’une opportunité pour que les Burkinabè puissent occuper directement tous les secteurs d’activités et en tirer profit. « Ce projet est d’abord patriotique avant d’être lucratif. Son succès dépend de l’adhésion massive, rapide et participative des Burkinabè », a-t-il indiqué. Les frais d’adhésion sont fixés à 5.000 F CFA. Une fois membre, le « bâtisseur » devient investisseur. Muni d’un livret de membre, il pourra participer aux activités d’investissement de la Coopérative. » (Source : Burkina24.com).

La question qu’il faut se poser c’est : l’actionnariat populaire, De quoi s’agit-il ?

Avant de répondre à la question, on se souvient que l’Eminent Pr Laurent BADO l’avait déjà évoqué dans son modèle politique et économique « Grégarisme africain ». Cette conception idéologique de la politique se traduit par le constat d’échec des concepts politiques économiques importés en Afrique que sont le capitalisme privé et le socialisme. Cette doctrine défend la nécessité de puiser dans les ressources et les valeurs culturelles africaines et de proposer comme alternative, « l’actionnariat populaire ».
L’actionnariat populaire ou le financement participatif, désigne un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels. L’appel de fonds se fait à partir de la description d’un projet précis (artistique, humanitaire, entrepreneurial...), au moyen d’une plate-forme en ligne ou autre, permettant de recueillir de nombreux apports de petits montants. Le financement peut prendre la forme d’un don, d’un prêt avec ou sans intérêts, ou encore d’un investissement en capital. Il est généralement utilisé en complément d’autres outils de financement comme les prêts d’honneur, les emprunts bancaires, les micro-crédits, etc. C’est également un moyen de constituer autour de vous une communauté qui vous soutient.
Le développement de l’actionnariat populaire du Burkina Faso est sans doute un des meilleurs moyens de démocratiser le capital des sociétés. Acheter des actions est une opportunité de participer au développement et aux bénéfices des entreprises. Favoriser l’élargissement de l’actionnariat populaire revient donc à favoriser une meilleure distribution des richesses et le développement du secteur secondaire; dont le poids dans l’économie nationale n’est pas aussi considérable ;évidemment sans la prise en compte les industries extractives.


                                                        

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